Faahotu

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Développement d'une filière d'exportation de bénitiers d'élevage de Polynésie française
Vendredi, 28 Septembre 2012 16:30

 

Deux espèces de bénitiers coexistent en Polynésie française, la « Tridacna maxima » qui est la plus répandue dans nos eaux et la « Tridacna squamosa » qui n’est présente que dans certaines îles. En vue de la mise en place d’une filière de valorisation de cette ressource naturelle, les efforts de recherche et développement se sont portés depuis plusieurs années sur l’espèce la plus fréquente,  « Tridacna maxima ».

Ainsi, depuis 2001, la direction des ressources marines, a mené des travaux de recherches en partenariat avec l’IRD et l’UPF aux fins d’évaluer les stocks dans l’objectif d’une exploitation durable de ces dernier visant à terme l’aquaculture de ces bivalves au travers des techniques de collectage et d’élevage.

D’un point de vue réglementaire l’exploitation des « Pahua » est soumise au respect :

-         d’une norme internationale fixée par la convention de Washington du 03 mars 1973,

-         d’une norme locale au travers de la délibération n°88-184/AT qui interdit l’exploitation des bénitiers de moins de 12cm.

 

Dans toutes les îles de la Polynésie française, les bénitiers sont naturellement présents avec, cependant un fort taux de concentration constaté dans certaines îles des Tuamotu, ce qui en fait un archipel propice au développement d’une aquaculture de « Pahua ». A la demande des maires, le gouvernement autorise l’ouverture de certains lagons pour le collectage, une initiative qui s’inscrit dans une dynamique participative et éco-responsable. A ce jour, 2 lagons ont été ouvert à la collecte de bénitier : Tatakoto et Reao.

L’aquaculture de bénitier est l’alternative la plus favorable au développement durable de la filière « bénitiers » en Polynésie française. D’autant que cette technique, sur le fenua, ne requière aucun investissement lourd (écloserie…).

L’activité de collecte de bénitiers est à l’heure actuelle limitée, du fait, de débouchés restreints. Dans le contexte actuel, sur une production de bénitiers issus du collectage ,10 à 15% sont destinés à l’aquariophilie. Le problème se pose alors pour les 90 à 85% de bénitiers restants qui ne pourront pas être absorbés par le marché local uniquement.

L’exploitation du bénitier en Polynésie française vise donc deux marchés de niche à l’exportation :

-         le commerce de la chair de bénitier qui, à l’heure actuelle n’est destinée qu’au marché local et représente 60 à 70 tonnes ;

-         le commerce du bénitier vivant pour l’aquariophilie, destiné aux marchés extérieurs.

 

Au vu de la stratégie de développement fixé par le gouvernement et des avancées techniques réalisées par la direction des ressources marines pour le collectage et l’élevage de bénitier, la méconnaissance de la demande extérieure en « chair » de bénitier restait un handicap pour le développement de la filière. 

Un rapprochement initié par Tahiti Fa’ahotu entre le secrétariat de la communauté du Pacifique (SPC) basé à Nouméa, l’Agence Française pour le Développement (AFD) et la Direction des Ressources Marines (DRM) a permis de définir les modalités d’un partenariat assurant le financement d’une étude permettant de rassembler les données économiques  nécessaire au développement de la filière bénitiers.

A cet effet, le ministre des ressources marines, Temauri Foster, le directeur de l’agence française de développement, Frédéric AUDRAS et le Président du pôle d’innovation Tahiti Fa’ahotu, Didier CHOMER ont signé, le 24 septembre, une convention (associant également le SPC et l’UPF) dont l’objet est la réalisation d’une étude de marché pour l’exportation de bénitiers d’élevage en Polynésie française ; le financement de cette étude est ainsi assuré à hauteur de 42,5% par le SPC, 42,5% par l’AFD et 15% par la DRM.

 

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Comme l’a précisé le ministre des ressources marines Temauri Foster : « Les prochains résultats de cette étude, selon ses conclusions, devraient favoriser, à terme, l’émergence de porteur de projets et notamment, la création d’emploi dans les archipels éloignés ».