Faahotu

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Etude de marché exportation bénitiers
Mercredi, 23 Octobre 2013 17:58

Conférence de restitution des résultats de l’étude de marché sur les bénitiers

 

Le gouvernement de la Polynésie française a financé en 2002 à travers le Contrat de Développement Etat-Pays des recherches et études sur les bénitiers. Des études complémentaires ont été menées également par différents partenaires institutionnels et privés de Polynésie française et de l’Etat avec le soutien du Secrétariat de la Communauté du Pacifique (SPC) afin d'identifier les problèmes et besoins, dans le but de développer et d'organiser le récent lancement d’une filière exportatrice de bénitiers pour le marché mondial de l’aquariophilie depuis les îles.

Les principaux partenaires institutionnels et économiques de ce nouveau secteur d’activités souhaitaient obtenir une visibilité sur le potentiel de la filière en terme de vente de produits à l’export, sur le marché asiatique (Chine, Japon et Taïwan : aquariophilie et chair), ainsi que vers l'Europe et les États-Unis (aquariophilie). Pour réaliser cet objectif, le ministère des ressources marines de Polynésie française, en partenariat avec l'Agence Française de Développement et le Secrétariat de la Communauté du Pacifique (SPC avec le soutien du Fonds Français pour l’Environnement Mondial) ont cofinancé et sélectionné le cabinet spécialisé Hambrey Consulting afin qu’il réalise une étude de marché.

Avec le soutien du pôle d’innovation Tahiti Fa’ahotu et de l’Université de Polynésie française, ces trois partenaires ont procédé à la restitution des résultats de cette étude le jeudi 3 octobre dans les locaux de la CCISM.

A l’invitation de Monsieur Tearii ALPHA, ministre des ressources marines, une quarantaine d’acteurs représentants du secteur (professionnels, agents des administrations de l’Etat et du pays, autorités compétentes, scientifiques et autorités politiques) ont assistés à la restitution suivi d'un débat sur l'avenir de cette filière.

 

Dans ses conclusions et recommandations, le consultant soulignait :

Pour l’aquariophilie,

- les bénitiers sont considérés comme des produits haut de gamme sur le marché mondial de l’aquariophilie, dont la partie marine ne constitue toutefois qu’une faible part ;

- le marché de niche de l’aquariophilie de bénitiers polynésiens, déjà réputés pour leur qualité, constitue une opportunité de développement intéressante - la Polynésie française représentant déjà 10% du marché mondial en bénitiers sauvages, cette part peut être multipliée par 3 d’ici 3 ans, notamment grâce au développement du collectage;

- la nécessité de modérer par la suite l’accroissement de l’offre à l’export par rapport à l’évolution des prix sur un marché limité doit toutefois être prise en considération par l’ensemble des acteurs de la filière;

- la garantie de la qualité (couleur et survie) et de la fiabilité de l’offre sont aussi importantes que le prix ; la stabilité de l’offre et des prix pouvant être assurés par la fixation du quota actuel d’exportateurs et une bonne gestion du nombre de collecteurs et sites de collectage;

- la Polynésie française, malgré une concurrence potentielle à moyen terme, possède certains avantages comparatifs à consolider, tels que la proximité relative des plus gros marchés existants (Etats-Unis, Europe) ou potentiels (Chine), le coût du fret international, la qualité de ses bénitiers et le potentiel issu du collectage dont la fiabilité est toutefois à valider en production;

- si les premières estimations de coût des bénitiers collectés sont porteuses et rendent le produit compétitif sur le marché international (depuis les Tuamotu de l’Est), elles doivent être validées en phase de production;

 

Pour la chair,

- ce marché est actuellement limité en Asie, en raison notamment de l’existence d’autres marchés de bivalves, déjà bien ancrés dans cette zone ;

- toutefois, l’exportation de produits transformés (séché, fumé, mariné) peut être envisagée en misant sur des marchés de niche de produits haut de gamme, s’ils sont garantis par de bons rendements de production (taux de collectage et taux de survie) dont les coûts doivent être évalués;

- la chair et la coquille (dont le potentiel existe plus concrètement sur les bénitiers de grandes tailles) sont à considérer dans un premier temps comme des sous-produits de la filière aquacole de «collectage de naissains de bénitiers».

 

A partir de ces éléments, une discussion a été proposée par le ministre des ressources marines et a porté notamment sur les points suivants :

- les éventuels quotas de bénitiers, d’exportateurs et le nombre de lagons autorisés au collectage ;

- la nécessité de garantir la gestion durable de la ressource dans les lagons ciblés de façon à respecter les conditions de la convention internationale de Washington (CITES)

- l’impératif de valorisation de la chair transformée de bénitier de collectage sur le marché local (nouveaux produits de petite taille à développer avec des professionnels : fumé, séché, mariné), avant d’envisager son extension au marché international où il importe de mettre en avant cette espèce emblématique qui pourrait devenir un produit de la mer haut de gamme à l’image de l’ormeau (abalone) ;

- la possibilité d’envisager l’exportation durable de coquilles à partir des lagons autorisés au collectage qui sont gérés durablement comme l’exige la CITES ;

- la possibilité de faire appel aux organismes de crédit à intérêt avantageux (SOGEFOM, SOFIDEP)

- la demande d’accès équitable (durée de transport) des différents lagons autorisés aux conditions de fret local dont le consultant avait souligné le coût élevé ;

- la nécessité de réviser la réglementation de la filière de façon intégrée (bénitiers vivants, chair et coquilles exploités et suivis -traçabilité- sur les différents marchés) et des concessions maritimes adaptées au contexte.

 

L'ensemble des débats ont ainsi confirmé tout l'intérêt des acteurs pour cette filière représentant une nouvelle opportunité de développement économique pour les attols concernés.